Beauxbatons & Magie
Bonjour et Bienvenue à Beauxbatons jeune sorcier!

Si tu n'as pas encore mit un pied dans notre univers magique, il est obligatoire d'aller s'inscrire dans notre Monde. Ici, ce n'est qu'une école!

Si tu es déjà inscrit et que tu as choisis d'étudier à Beauxbatons, qu'attends-tu pour aller en cours?

Tu veux en savoir un peu plus? Alors saches que Beauxbatons accueille principalement des filles, mais si tu es un garçon il reste encore de la place Wink
Vous serez réparti dans l'une des trois maisons (Félin(e) d'Or, Loup(ve) d'Argent, Renard(e) de Fer) et vous devrez tout faire pour la faire gagner! Cette maison sera donc votre seconde famille, et ce pendant 7 ans!
Sans compter que vous avez 8 matières obligatoires (Sortilèges et Enchantements, Potions, Histoire De La Magie, Botanique, Métamorphose, Maintien, Physique & Mentale, Ecriture) et qu'à partir de votre 5ème année vous devrez choisir un certain nombre d'Options, selon votre niveau (Equitation/course, Etude des moldus, Danse, Divination).
Un programme bien chargé n'est-ce pas? Alors ne perds pas ton temps et dépêches toi de rejoindre Beauxbatons! A moins que Durmstrang ou Poudlard ne te tente?


Saison 10
Beauxbatons accueil le Tournoi des trois sorciers ! Votre championne est Nathalie !
 

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Il m'a sauvée de toutes les façons possibles dont on peut sauver une personne

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MessageSujet: Il m'a sauvée de toutes les façons possibles dont on peut sauver une personne Dim 1 Juil - 1:22

La peur


Mai 2132.

Le regard perdu dans le vide, Maddison est debout près d'une fenêtre. Le froid a enveloppé le château et le ciel est rempli de nuages. C'est un temps assez maussade, propice à la nostalgie et aux pensées négatives.
De retour depuis peu à l'école magique française, la directrice peine à retrouver ses marques. Tout lui semble étranger, éloigné et sans aucun sens. Au-delà du sentiment d'insécurité et de non appartenance vis à vis de cette académie qu'elle dirige depuis pourtant plusieurs année, la peur la tient au ventre, la tiraille et l'empêche de dormir chaque nuit qui passe.
On pense souvent avoir peur au quotidien, mais ce n'est qu'une illusion. La peur est un sentiment qui se crée avec le temps, qui se construit et s'entretient. Un an et demi. Suffisant pour créer la peur, non ?
L'environnement dans lequel est revenue Maddison ne l'a pas non plus aidée à se sentir chez elle. De retour en plein milieu du Tournoi des Trois Sorciers, elle s'est retrouvée dans une école remplie d'étudiants, pour la plupart étrangers. Des visages inconnus, potentiellement des ennemis, sont donc là chaque jour à la scruter dès qu'elle ose sortir le nez de ses appartements. Le seul point positif de ce contexte est la diminution des heures de cours. En effet, les emplois du temps ont été légèrement allégés afin de laisser le temps aux champions de s'entraîner. Cela permet donc à Maddison de rester seule le plus clair de son temps. Ayant toujours eu plus d'affection pour son bureau de professeur, et non celui de directrice, elle y est donc depuis le début de la matinée.

L'horloge sonne midi. Le déjeuner va bientôt être annoncé. Maddison hésite à y aller. Par le passé, elle a souvent raté les repas de l'Académie pour continuer à travailler. La tentation est grande. Mais n'étant pas submergée par le travail, ce serait mentir. Maddison a en horreur le mensonge. Elle trouve cela si peu digne de respect qu'elle ne se souvient même plus de la dernière fois où elle a eu à mentir. Sans compter bien sûr sa période sous le joug de Malo Retrac.
Elle est décidée. Elle va se présenter au repas. Il lui reste un peu de temps pour rentrer dans son personnage. Passant une main dans ses cheveux lâchés puis une sur sa jupe afin de la lisser un peu, elle fait apparaître un sourire sur ses lèvres. Timide et peu sûr. Les mains sur les hanches et quelques pas dans la pièce suffisent à lui donner de l'assurance, en apparence du moins. Le théâtre est un art difficile que Maddy avait l'habitude de maîtriser à la perfection avant son enlèvement. Désormais, il lui faut un peu de pratique avant chaque "entrée en scène".
Alors qu'elle déambule autour de la table basse, du bureau, du canapé, un importun, ou une importune, vient toquer à sa porte. La seconde de déstabilisation passée, la Vélane invite la personne à entrer. Mais alors que la poignée s'actionne, ses yeux se baissent et se posent sur le cadre à photo vide de son bureau. Un éclair traverse son esprit et la peur peut alors de nouveau se lire dans ses yeux. Son réflexe est alors de plaquer le cadre face contre le bureau. Consciente cependant qu'elle n'est plus seule, Maddison inspire une bouffée d'oxygène, lève de nouveau les yeux et offre un sourire des plus corrects à la personne qui vient désormais de passer le seuil de la porte. Sa bouche s'entrouvre alors légèrement et son sourire s'estompe quelque peu.

Philip.


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Dernière édition par Maddison L. Jones le Sam 7 Juil - 22:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il m'a sauvée de toutes les façons possibles dont on peut sauver une personne Dim 1 Juil - 21:10

Beauxbâtons.

Depuis une bonne minute, j’observe la silhouette majestueuse du palais se découper dans le ciel pâle, impressionné malgré moi par sa beauté théâtrale. Il n’est pas aussi haut que Durmstrang et ne possède ni son charme slave, ni son air solennel, mais il dégage une certaine noblesse qui intime immédiatement le respect. Son air délicat et digne dégage une sorte d’aura apaisante. De force tranquille.

Dans le silence presque total des jardins qui m’entourent, je m’engage sur l’allée qui semble conduire au hall d’entrée. Les gravillons crissent sous les semelles de mes bottines. Marcher au milieu de ce décor est surréaliste, et plus j’avance, plus je me sens déplacé dans cet univers feutré. J’ai presque l’impression d’être au coeur de l’une de ces peintures que l’on trouve dans les livres de contes pour les enfants. Tout est si beau, si pur, si parfait, jusqu’aux camélias roses et blancs qui bordent une partie de mon chemin.

Absorbé par mes pensées, je repense à mon dernier hibou. J’y demandais la permission à Mlle Jones de venir ici. Officiellement, j’ai fait le déplacement depuis la Bulgarie pour rendre visite à la délégation qui défend les couleurs de Durmstrang lors du tournoi des trois sorciers. Et pour aller encourager ma championne, Elena Belov. Mais en réalité, ce n’est qu’une excuse pour camoufler des intentions bien différentes. À commencer par préparer le terrain pour mon coup d’éclat lors de l’épreuve finale, d’ici quelques semaines… et aussi, même si je ne l’avouerai jamais, pour revoir Maddison.
Je ne sais pas trop pourquoi, d’ailleurs. J’ignore ce que je pourrais lui dire et si ça trouve, elle même n’a aucune envie de me revoir. Ce serait compréhensible. Si c’est moi qui avait été enlevé et manipulé par Malo, j’aurais tout fait pour enfouir ce souvenir douloureux au plus profond de mon être. Pour oublier.
Et pourtant, je n’ai pas arrêté de penser à elle depuis que je l’ai aidée à mettre un terme à son calvaire. Alors je me laisse aller à cette envie impérieuse, me rassurant en me disant qu’au pire, je pourrais toujours prétexter une raison officielle pour justifier ma visite.

Arrivé au bas de l’escalier principal du palais, j’hésite. Une horloge vient de sonner midi et l’écho de nombreuses discussions animées monte de ma droite. Probablement leur réfectoire. Mais avec un peu de chance, Maddison ne les a pas encore rejoints... Discrètement, je me faufile le long de la rambarde, jusqu’au deuxième étage. On m’a dit que c’était ici que se trouvait son bureau.
Un groupe d’étudiantes en uniforme passe à côté de moi sans m’accorder la moindre importance, et je me garde bien de leur demander mon chemin. Je ne parle pas français. Et je ne veux pas être à l’origine de rumeurs invraisemblables. Heureusement, l’étage n’est pas aussi grand qu’il n’y paraît et je n’ai aucun mal à localiser le bureau de la professeur de maintien. Je m’arrête devant la porte et la dévisage de haut en bas.

Je ne pensais pas que toquer à une porte pouvait être si difficile.

Et quand enfin je me décide et qu’une voix me répond, j’imagine qu’il s’agit d’une invitation à entrer. Enfin j’espère...
Au moment où j’actionne la poignée, je me fais la promesse intérieure d’apprendre la langue de Molière. Ou du moins, le minimum vital pour survivre dans ce genre de situation.

Je passe timidement la tête par le battant et pose les pieds sur le seuil, n’osant pas faire un pas de plus.Moi-même n’autorise quasiment personne à entrer dans mes bureaux sans mon autorisation préalable.

Maddison est bien là, devant moi. Et au moment où nos yeux se croisent, j’en ai le souffle coupé. Elle est belle. Mais ce charme désinvolte qui m’avait tellement étonné les premières fois semble avoir disparu de son visage. Tout cela semble si loin à présent... Sa fraîcheur et sa joie ont laissé place à un masque étrange qui fige ses traits dans une expression grave, lointaine. Et tout dans sa façon de se tenir et de sourire dégage une espèce de dignité tragique.

Et ce regard… un gouffre d’émotions difficilement contenues. Deux miroirs lisses, brillants, qui reflètent une immense nostalgie teintée d’inquiétude... Comme si les veinures de ses iris étaient une toile infinie tissée par la tristesse, emprisonnant son regard derrière un voile hanté.

Elle a changé. Et il y a quelque chose chez elle qui me met presque mal à l’aise.
J’ose un sourire, espérant vaguement que cela suffira à réchauffer son pâle sourire.

« Je suis désolé, je ne voulais pas vous déranger.  »

Pas besoin d’être un génie pour déduire que je n’étais pas attendu. L’expression de surprise peinte sur son visage suffit amplement. Et j’ai la désagréable impression de l’avoir dérangée dans ce qu’elle était en train de faire. Je fais un pas en arrière, gêné. Mais puisque je suis là, autant assumer jusqu’au bout.

« En fait j’avais prévu d’aller manger à Boisjoli vers 13h30 et je me demandais si vous aimeriez m’y accompagner... »

Evidemment, j’aurais tout aussi bien pu descendre au réfectoire et rejoindre Katherin. Ce serait plus logique. Seulement...je n’ai aucune envie de me pavaner devant tous ces élèves, de tous ces ennemis et surtout, de Tiphaine Retrac. Ca ne servirait qu’à alimenter toutes sortes de ragots stupides et inutiles et je n’ai aucune envie de me forcer à jouer la comédie, une fois de plus.
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MessageSujet: Re: Il m'a sauvée de toutes les façons possibles dont on peut sauver une personne Mar 3 Juil - 0:13

Les démons


Philipp.

La vague de mauvais souvenirs liés au cadre photo n'est rien comparé à ce que Maddison ressent quand elle le voit. Le sentiment étrange qui la prend aux tripes est indéfinissable. Leur première rencontre, si légère et décalée, lui paraît si loin, et pourtant si proche. Il se tient là, à quelques mètres d'elle, en chair et en os. Ce n'est pas un souvenir, une illusion ou une chimère. Il est bel et bien là. Cet être qui a su chasser ses cauchemars et ses craintes et l'arracher à ses ravisseurs.
Comment ne pas être déstabilisée ?
La surprise passée, le visage de la blonde se détend. Ce n'est pas un étudiant étranger perdu, ou qui vient lui demander comment fonctionne telle ou telle chose. Comme si elle n'avait que ça à faire. Ce n'est pas un ennemi. Ce n'est pas un indiscret. Ce n'est pas Malo.

Maddison doit donner une bien piètre image pour une directrice. Mais elle n'y peut rien, Philipp a su faire tomber ses premières barrières et la mettre à découvert. Un sourire se dessine alors sur les lèvres du directeur qui pense la déranger. La déranger ? Comment peut-il penser la déranger ? L'état de Maddy est-il donc si réduit pour quelle ne puisse pas donner le change ? Malgré ce sentiment d'impuissance, ce sourire réchauffe son coeur et lui arrache à son tour un sourire.
Le pauvre semble gêné. Une impulsion le prend alors et il se lance :

« En fait j’avais prévu d’aller manger à Boisjoli vers 13h30 et je me demandais si vous aimeriez m’y accompagner... »

Les salutations expédiées, les formules de politesse et de courtoisie éclipsées, la spontanéité fait son grand retour dans la vie de Maddison. Une bouffée d'air frais dans son quotidien si strict et si sérieux à cause du Tournoi des Trois Sorciers. Malgré les apparences festives et joyeuses du tournoi, ce n'est vraiment pas un événement de tout repos pour l'académie française. De retour au milieu de toute cette cohue, la Vélane a du s'adapter au quart de tour et s'est retrouvée accablée par le travail et les responsabilités. En effet, même si son adjoint Paul a su faire des merveilles en son absence, le poids d'une école de cette envergure ne peut reposer sur les épaules d'une seule personne. De ce fait, toutes ses journées sont organisées à la minute près, même ses heures de repas. Philipp vient donc de lui proposer une porte de sortie inespérée. Un sourire étire ses lèvres et elle répond aussitôt :

(Anglais) - J'accepte avec grand plaisir.

Maddy balaye alors l'air d'un geste léger et reprend :

(Anglais) - Mais je vous en prie, entrez. Vous ne me dérangez pas du tout.

L'avantage de l'anglais, c'est le "vous", ou plutôt le "tu". Enfin, l'un ou l'autre. Il n'y a pas de différence et c'est très pratique. Maddison a toujours adoré le français et pourrait le parler à la perfection si elle n'avait pas tenu à garder son accent, mais la différence faite entre le "tu" et le "vous" est une bêtise qu'elle ne comprendra jamais.
Si elle avait du parler en français avec Philipp, elle aurait été bien embêtée de devoir choisir. Ils sont certes tous les deux directeurs et certaines marques de respects s'imposent, mais leur relation est si inhabituelle que si on lui demande le lien qu'ils ont, elle ne saurait probablement pas quoi répondre. Von Roppelt et Jones. Quelle ironie, auraient clamé certains.

La Vélane fait le tour de son bureau pour se rapprocher de Philipp sans le quitter du regard. Il a toujours fier allure et son charme ne lui fait pas non plus faux bond. Son attitude est tout de même moins solennel qu'à son habitude, du moins c'est ce que Maddison suppose, car l'image qui a circulé jusqu'à elle est celle d'un homme solennel et respecté, voire craint.
N'avoir plus qu'un mètre environ qui la sépare de son sauveur est tout bonnement grisant. Maddy pourrait passer ses journées là, proche de lui. Le simple fait qu'il soit là l'apaise. Quand bien même des flash de son passé tortueux lui viennent en mémoire, Philipp a désormais une image à ses yeux synonyme de sécurité et de liberté. Il chasse ses démons. L'homme qui effraie les démons.
Le naturel revenant petit à petit, elle prend de nouveau la parole :

(Anglais) - Vous voulez peut-être visiter le château ou ses jardins en attendant ? Ou bien la ville. Nous avons de la chance, il ne pleut pas.

Maddison se rend alors compte qu'elle devient peut-être un peu trop entreprenante. Le sortilège de l'impero l'a affectée à un point tel qu'elle en devient hésitante. Quelle plaie. Que faire ? Afin de nuancer ces propositions, elle rajoute :

(Anglais) - Enfin, le choix vous appartient bien évidemment. Nous n'avons aucune obligation.

À ces mots, Maddy penche légèrement la tête sur le côté et sourit tout en plongeant son regard dans celui du directeur.



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MessageSujet: Re: Il m'a sauvée de toutes les façons possibles dont on peut sauver une personne Dim 22 Juil - 15:57

Les quelques secondes de silence qui suivent ma réplique semblent si fragiles que j’ose à peine respirer, de peur de les briser. Je suis incapable de détourner les yeux du regard de Maddison, ni de décrocher mon attention de ses lèvres, craignant l’espace d’un instant qu’elle ne refuse ma proposition.

Mais ses traits finissent par se détendre et un sourire vient chasser la surprise de son visage. Et ce sourire semble si vrai et si sincère qu’il fait instantanément voler mes doutes en éclats. J’ignore pourquoi je redoutais tellement ces retrouvailles. J’ignore pourquoi j’avais si peur de me retrouver à nouveau face à elle. Peut-être parce qu’elle est la seule personne de ce monde avec qui je n’ai jamais fait semblant. Et c’est effrayant d’être soi-même. On se sent vulnérable, exposé aux jugements, aux critiques… Je me souviens avoir eu une crainte semblable le jour où elle avait fini par découvrir ma véritable identité. J’avais peur que les choses ne soient plus comme avant. Aussi simples. Aussi authentiques. Finalement, j’avais eu tort de me méfier. Exactement comme aujourd’hui.

En tout cas une chose est sûre : la réponse de Maddison me fait bien plus plaisir que je n’oserais l’avouer.

Acceptant son invitation, je me glisse timidement à l’intérieur de la pièce et referme la porte derrière moi. Son bureau est grand. Lumineux. Et bien plus accueillant que ne l’était le mien à Durmstrang. Curieux, je laisse mon regard balayer les murs, le plafond, la table basse, le canapé, avant de s’arrêter sur un cadre photo posé sur un coin du bureau. Je me surprends à me demander qui il peut bien représenter. Sûrement un être cher pour qu’il occupe cette place d’honneur.

J’ose quelques pas vers l’une des fenêtres et jette un oeil sur le paysage qui s’étend paresseusement aux pieds du château. J’ai toujours trouvé la côte bulgare majestueuse et pourtant, à ce moment précis, je trouve sa splendeur bien grossière et sauvage comparé à ce que je vois. Le domaine de Beauxbâtons est tout simplement...sublime.

« Cela doit être merveilleux de travailler ici...

Je reporte mon attention sur la directrice au moment où elle s’avance vers moi. Elle est proche. Sûrement bien plus proche que ce que ne voudraient les bonnes manières. J’imagine que je devrais être mal à l’aise et pourtant...je n’ai aucune envie de bouger.

[...]

Sa proposition est alléchante. Je n’ai encore jamais eu l’occasion de visiter Beauxbâtons et ce serait évidemment un plaisir que de le faire avec Maddison. Mais que choisir entre le château, les jardins ou la ville ? Aucune idée. Les trois rivalisent certainement de charme.

Je fais mine de réfléchir quelques secondes et en profite pour suivre des yeux les contours du visage de mon interlocutrice, m’attardant sur un certain nombre de détails que je ne n’avais pas encore remarqués jusque là. Je suis en train de graver le plus de choses possibles dans ma mémoire lorsqu’un élément me frappe. Je crois que c’est la première fois que je la vois avec les cheveux détachés. Ca n’a pas beaucoup d’importance en soi, mais je ne peux pas m’empêcher de m’attarder sur ses longues mèches blondes qui cascadent librement sur ses épaules. Dire que je n’ai qu’à tendre le bras pour les effleurer…
Surpris par ma propre véhémence, je chasse tant bien que mal cette pensée insensée de mon esprit et détourne aussitôt le regard.
Reprendre le fil de la conversation. Vite.

« Que diriez-vous de commencer par l’extérieur ? »

En réalité, je n’ai aucune envie de sortir. Je préfèrerais largement rester ici, à l'abri des regards indiscrets, mais je pense qu’un peu d’air frais ne devrait pas me faire de mal. Ca aura au moins le mérite de me rafraîchir les idées.
Si seulement cette petite pointe de plaisir coupable pouvait disparaître…


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MessageSujet: Re: Il m'a sauvée de toutes les façons possibles dont on peut sauver une personne Mer 5 Sep - 0:15

Les souvenirs


La lumière du jour se déverse par la fenêtre du bureau de la blonde et vient caresser le visage du directeur de Durmstrang. Cette lumière le rendrait presque doux... Maddison sourit à cette vision qui la rend étrangement heureuse. La compagnie de Philipp l'affecte plus qu'elle n'aurait pu l'imaginer.
Lorsque ce dernier reporte son attention sur elle, Maddy garde ses yeux plantés dans les siens. Ils semble réfléchir à la proposition qu'elle vient de lui faire. La réponse ne se fait pas attendre et arrive même plutôt rapidement :

« Que diriez-vous de commencer par l’extérieur ? »

L'extérieur. Les jardins de Beauxbâtons. Sûrement l'un des plus beaux trésors de cette Académie. Maddison sourit à l'idée de les faire découvrir à son interlocuteur. Ce n'est pourtant pas elle qui les a plantés ou qui les entretient mais elle n'en reste pas moins très fière. Elle trouve qu'ils représentent bien l'image qu'elle veut donner de l'école française.
Elle attrape alors sa baguette, posée sur le bord de son bureau, et la glisse sous sa ceinture, sans quitter des yeux Philipp. Elle lui sourit à nouveau et lance :

(Anglais) - Les jardins sont très beaux en cette saison, allons-y.

Et elle invite alors le directeur à quitter la pièce d'un élégant geste de la main. Elle le suit, sans pour autant se coller à lui, et lorsqu'ils ont tous deux quitté le bureau, ferme la porte derrière eux.
Un étudiant passe devant eux et les salue. Étonnant, il est rare de voir des élèves se balader dans les couloirs durant cette période. Les examens approchent. Maddy le salue avec un sourire et commence à s'avancer dans le couloir, aux côtés de son invité surprise.
Ils ont deux étages à descendre afin d'arriver au rez-de-chaussée. Arrivés près des escaliers, Maddison demande avec un air qui se veut détaché mais qui ne l'est pas du tout :

(Anglais) - Comment allez-vous, depuis la dernière fois ?

La dernière fois étant le jour où Philipp l'a retrouvée et sauvée...
Le fait de ne pas avoir parlé de ce jour le rend presque irréel. Un rêve. Comme si il ne l'avait jamais sauvée. Comme si elle n'avait jamais été enlevée. Comme si rien de tout ça n'était jamais arrivé. Si seulement. Et pourtant, tout est bien réel. Tout.
Du début à la fin, tout s'est déroulé comme dans les souvenirs de la Vélane. Des souvenirs parfois flous, parfois étranges, mais tous plus réels les uns que les autres. Sera-t-elle un jour capable de les oublier, ou du moins de ne plus y penser ? Très peu probable. Il va falloir qu'elle apprenne à vivre avec. Son seul lot de consolation est de savoir qu'en réalité, personne ne sait ce qu'il lui est arrivé. Personne ne peut la juger, personne ne peut la regarder de haut ou la moquer. Personne. Sauf peut-être Philipp. La seule faille. La seule irrégularité sur cette surface si lisse en apparence.
La question qu'elle vient de lui poser est donc risquée. Il peut très bien décider d'aborder le vif du sujet et la replonger dans des souvenirs si difficilement enfouis ou bien lui répondre le plus simplement du monde. La question de Maddison serait alors éclipsée, peut-être pour le mieux...


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MessageSujet: Re: Il m'a sauvée de toutes les façons possibles dont on peut sauver une personne Ven 14 Sep - 19:01

Ma proposition semble lui convenir. Parfait. J'accepte son invitation à quitter la pièce et ne parvient pas à retenir un sourire triste lorsqu'elle m'adresse à nouveau la parole.
Je déteste cette question...
Tous ceux que je croise me la posent et pourtant, personne ne s’intéresse jamais à la réponse.  Comment est-ce que je vais ? Bien. Mal. Je n’en sais rien. C’est compliqué. Ca fait trois ans que c’est compliqué. Mais tout le monde s’en fiche. Mes états d’âme n’intéressent personne.

Alors la réponse franchit mes lèvres avant même que je n’en prenne conscience. Machinale. Automatique. Et teintée d’une touche de timidité difficilement contenue.

« Ne vous en faites pas pour moi. »

J’aurais aimé offrir mieux à Maddison. Il y a tellement de choses que j’aimerais lui dire, tellement de choses que j’aimerais partager avec elle : mes peurs, mes doutes, mes désirs... Tout ce que je n’ose jamais dire à personne et que j’ai pris l’habitude de refouler au fond de mon coeur. C’est juste que...je ne sais pas par où commencer. Et j’ai peur d’être maladroit.

Je lui emboite silencieusement le pas, me maudissant déjà de ne pas avoir été plus inspiré. Je repense à ce “dernière fois” légèrement accentué à la fin de sa question, et me demande si ça ne cachait pas un sous-entendu. C’est vrai que notre dernière rencontre était pour le moins...inhabituelle. Mais honnêtement, laquelle de mes rencontres avec elle ne l’était pas ?

Dans le doute, je ne préfères pas aborder des sujets qui risqueraient de rouvrir des blessures qui commencent à peine à cicatriser. Qui plus est au beau milieu de la cage d’escalier de Beauxbâtons. On reparlera de ça si elle le souhaite, mais pas ici. Pas tout de suite. Pas alors que c’est la première fois que nous nous revoyons en trois mois. Il va falloir s’échauffer un peu avant d’aborder un sujet aussi...sensible.

Je ralentis l’allure et plonge mon regard dans celui de la directrice. Et pendant une fraction de seconde, je me félicite presque d’être resté volontairement vague dans ma réponse précédente. Je n’ai pas le droit de me plaindre. Pas après ce qu’elle a vécu.

« Mais vous.... tout va bien ? »

Ma question a beau résonner de toute la sincérité dont je suis capable, elle reste stupide. J’aurais préféré ne pas devoir la poser, mais politesse oblige. Les bonnes manières sont parfois ironiques à leur façon... Et je n’ai aucun mal à imaginer ce que doit ressentir mon interlocutrice en ce moment. La peur, ça ne s’efface pas en claquant des doigts.. C’est un sentiment que je ne connais que trop bien : celui qui prend aux tripes et qui vous donne l’impression de vous étouffer à petit feu. Celui qu’on fait semblant d’ignorer et qui finit toujours par ressurgir des années plus tard, sans crier gare, au moment où on pensait l’avoir oublié. J’aimerais pouvoir dire à Maddison qu’elle n’a plus rien à craindre, mais ce serait lui mentir. Je ne veux pas jouer à ça avec elle, moi qui n’arrive déjà pas à trouver les mots pour me rassurer moi-même...

« J'aurais du vous écrire après...tout ça. Mais je ne trouvais pas les mots. Je suis désolé. Vraiment. »

Je secoue légèrement la tête et détourne les yeux, incapable de soutenir son regard une seconde de plus. Tout s'est passé si vite ce jour là...et ne pas en parler n'a fait que renforcer le sentiment de flou qui enveloppe désormais le souvenir de cet enlèvement. Pourtant, il y a tellement de choses que j'aurais aimé demander à Maddison. Des choses qui me permettraient peut être enfin de comprendre comment et pourquoi Malo Retrac s'en est prise à elle. J'ai culpabilisé pendant des semaines, des mois, convaincu que mon dégénéré de père le faisait uniquement dans le but de m'atteindre moi. Comment aurait-il pu entrer en contact avec elle, autrement ? C'était un sentiment atroce. Obsédant. Et dont je n'arriverait probablement pas à me débarrasser tant que mes questions resteront muettes.

Sans un mot, nous finissons pas atteindre le rez-de-chaussée où la rumeur de discussions animées se fait de plus en plus claire. Comme j’aimerais être à nouveau adolescent et passer mes journées à flâner et à refaire le monde ! Insouciant. Enthousiaste.
Un coup d’oeil furtif vers la silhouette de la directrice m’aide à chasser la torpeur de mon visage. Mon sourire retrouve de son assurance et j’improvise un air un peu plus enjoué. Oublier le passé. Ne pas se préoccuper de l’avenir. Parler de tout, de n’importe quoi mais pas de ce qui fait peur, ni de ce qui fait mal. La journée a si bien commencée, je suis heureux d’être là, près d’elle et je préfères me concentrer là-dessus. Sur le moment présent. Parce que l’avenir risque d’être sombre et les occasions de se sentir heureux se feront rares. Je veux profiter de chaque minute, de chaque seconde qui passe. Maddison. Une bouffée d’oxygène dans mon quotidien.
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MessageSujet: Re: Il m'a sauvée de toutes les façons possibles dont on peut sauver une personne

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